Karine Voirin : « J’ai toujours été convaincue que la finance ne pouvait être déconnectée de l’humain ! »

Après avoir mené une carrière riche dans la finance, Karine Voirin ressent le besoin de réfléchir à un nouveau projet dans lequel l’humain, qui la passionne depuis toujours, aurait encore plus de place. Elle décide de mettre l’accompagnement au cœur de son projet : accompagnement des dirigeants de PME et de directions financières dans des missions de direction financière externalisée, transmission aux étudiants, accompagnement au sein de l’AVARAP. Elle s’est donc formée comme marraine et elle vient de terminer – un grand bonheur – l’animation de son premier groupe.
Même s’ils ne sont pas absents, les profils comme celui de Karine Voirin ne sont pas nombreux parmi les marraines et parrains AVARAP : de purs profils de financiers et de dirigeants de structures ou d’entreprises qui décident de consacrer une partie de leur temps à l’animation des groupes AVARAP. Leur point commun : ils ne concevaient leur rôle de financier qu’en y incluant le facteur humain. « Que ce soit dans mes postes de contrôle de gestion, de finance ou en tant que COO, j’ai toujours porté une attention particulière aux équipes et à leur management, revendique-t-elle. Je n’ai jamais oublié qu’il y a des personnes derrière les chiffres. »
En 2023, Karine décide de quitter le salariat qu’elle pratique depuis plus de vingt-cinq ans et de réfléchir à un nouveau projet. « Quand j’ai échangé avec une consultante en transition professionnelle autour de mon projet d’exercer comme directrice financière externalisée, sourit-elle, je me suis dit que j’avais trop envie d’accompagner les gens comme la personne en face de moi : écouter, réfléchir ensemble, faire en sorte que la personne exprime et concrétise son projet. Comme je ne voulais pas me lancer dans une formation de coach, je me suis rapprochée de l’AVARAP. »
Un saut dans l’inconnu
Convaincue par ce qu’elle comprend de la méthode AVARAP sur le site Internet, elle entre, en janvier 2024, dans le processus de sélection des marraines et des parrains. Elle échange longuement avec une première bénévole ce qui la conduit à réfléchir à la posture de marraine et à l’engagement que cela représente. Un deuxième contact la conforte dans son projet et elle s’inscrit à la prochaine formation organisée par l’association. « Cette formation n’a pas été un long fleuve tranquille, se souvient-elle. C’était encore plus passionnant pour moi car j’ai accepté de présenter mon miroir et de construire un projet professionnel. Et difficile, car j’ai toujours eu du mal à prendre la parole en public. »
Elle prend son premier groupe en janvier 2025. « C’est un saut dans l’inconnu, reconnaît-elle. J’avais beaucoup travaillé mes premières séances et je me suis reposée sur deux ressources essentielles et complémentaires : mon parrain référent Jacques-Yves Duquennoy, qui m’a beaucoup apporté et répondu à mes questions, et Laura Ferrié, une des participantes de notre formation de PM qui démarrait son groupe en même temps que moi. Nos échanges ont été très enrichissants pour l’une comme pour l’autre. Et c’est devenue une de mes plus proches amies. »
Une première séance qui a permis de rompre la glace
Elle se souvient particulièrement de la première séance. « Les 12 personnes du groupe étaient toutes sur la réserve, constate-t-elle. Le silence régnait autour de la table et aucune parole n’était échangée. Miracle de la méthode AVARAP, la mayonnaise a pris dès la présentation croisée et j’ai été très vite rassurée. »
La prise de parole en public, qui était une de ses préoccupations, n’a pas du tout posé de problème et Karine s’est très vite sentie comme un poisson dans l’eau dans la posture de marraine. Elle est fascinée par la puissance du collectif et par la systémique de groupe. Plus à l’aise jusqu’à présent dans le « one to one », elle est passionnée par les interactions entre les participants. « L’AVARAP m’a permis d’observer la naissance et l’évolution d’un collectif, se réjouit-elle. J’ai été très attentive à ne pas endosser le rôle de sauveur et à renvoyer les questions dans le groupe, persuadée que “la réponse est dans le groupe”. J’ai constaté que, pour que cela marche au mieux, les participants doivent se livrer sans réserve. Il faut vraiment donner pour recevoir. »
Un parcours dans la finance et le retail
Karine Voirin est née il y a bientôt 55 ans à Reims dans une famille de commerçants. Ainée d’une fratrie de trois – elle a un frère et une sœur –, elle choisit de faire un bac scientifique. Elle ne sait pas trop vers quel métier se diriger.
Ecartant la médecine (« J’avais peur du sang ») ou le droit, elle s’inscrit à une prépa écoles de commerce (les chiens ne font pas des chats) et intègre l’ESC de Dijon (devenue aujourd’hui Burgundy Business School), qui propose en troisième année un double diplôme France-Etats-Unis.
A chaque promotion, l’école n’offre que deux places pour les Etats-Unis et Karine se bat pour être dans les meilleurs. Et ça marche ! La voilà en route pour Texas A&M University à Collège Station, une ville au milieu du Texas qui comptait 70 000 habitants dont un campus de 40 000 étudiants (avec seulement une dizaine de Français parmi lesquels elle rencontrera son futur mari…). Elle choisit des disciplines très variées comme finances, recrutement, ressources humaines, publicité ou psychologie.
Au bout de dix-huit mois, munie de son MBA, elle trouve son premier job à Houston chez Aeromexico qui lui propose très vite de rejoindre la filiale française à Paris comme contrôleuse de gestion. Elle y fait ses premières armes avant d’intégrer le groupe Vivarte où elle va très vite devenir DAF. Elle y restera vingt ans dont quinze chez Caroll comme directrice financière puis directrice des opérations (finance + supply chain).
Une année sabbatique et un repositionnement professionnel
Succombant aux sirènes d’un chasseur de têtes, elle rejoint ensuite le distributeur néerlandais C&A qui lui propose un poste très complet dans la filiale française où elle chapeaute les finances, la logistique, le juridique, l’IT et les services généraux, manageant des équipes pluridisciplinaires. Elle se souvient en souriant d’une question posée lors de son recrutement par le DRH allemand qui la reçoit : « Comment imaginez-vous votre épitaphe ? ». Sa réponse spontanée fut « A good mum ! ». Il faut croire que cela a été apprécié. Elle reste trois ans à cette fonction.
Elle décide ensuite de faire un stop et un bilan de compétences. « La vision que j’avais de mon projet professionnel à cette époque, précise-t-elle, était d’être un couteau suisse, avec plusieurs cordes à mon arc me permettant d’exercer plusieurs métiers autour d’une même expertise, l’accompagnement en finance et au-delà. Je me rends compte que l’intention que j’ai posée à cette époque est ce que je réalise aujourd’hui ».
Après avoir rejoint brièvement un groupe international d’enseignement supérieur comme DAF France, elle met finalement en œuvre le projet qu’elle a continué à peaufiner. Aujourd’hui, elle mène en parallèle des missions de direction financière à temps partagé – « une façon de faire bénéficier une structure de mes compétences de DAF expérimentée » – elle dispense à des masters spécialisés un cours qu’elle a créé pour transmettre à la fois une culture générale de l’entreprise et une culture financière opérationnelle, et elle contribue comme marraine à l’animation de groupes AVARAP.
Le temps qu’elle a libéré lui permet d’être plus présente pour ses enfants à des moments-clés de leurs vies, et de continuer la danse moderne, une activité qu’elle pratique depuis longtemps. Une autre façon de participer à une aventure collective qui résonne avec celle de l’AVARAP.
Ignace Manca
AVARAP
Retrouvez d’autres portraits de parrains marraines