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Distanciel – Présentiel ? Les participants, les parrains et marraines se déterminent au moment de choisir leur groupe. Mais quels sont les critères à envisager pour choisir ? Pour en savoir plus Avaranews est allé interviewer trois marraines et un parrain qui ont animé un groupe en distanciel récemment : Helène Duneigre, Julie Garnier-Lieber, Marie Lannelongue et Alain Pasquereau.

 

« Une démarche devenue naturelle »

L’ensemble des personnes interrogées s’est mis au distanciel à l’occasion de la crise du Covid. Aucun des quatre parrains/marraines ne se considérait initialement comme un adepte du digital. Tous évoquent une adoption progressive, souvent contrainte au départ, mais finalement maîtrisée.

Avec le temps, les outils numériques (Zoom, Teams, Klaxoon, Google Forms) ont été intégrés sans difficulté majeure. Cette appropriation rapide montre que la compétence digitale n’est pas un prérequis fort : elle s’acquiert par la pratique.

Ainsi, le distanciel est passé du statut de solution de secours à celui de modalité pleinement légitime d’animation de groupe. D’autant plus attendue par les participants et les PM qui habitent loin de nos salles de réunion.

 

« Un impact limité sur la posture d’accompagnement, qui suppose une bonne préparation »

Globalement, les interviewés estiment que le distanciel ne transforme pas profondément leur rôle d’accompagnant. Les fondamentaux (écoute, bienveillance, structuration des échanges, dynamique du groupe) restent identiques.

Cependant, plusieurs évolutions sont notables :

  • Une préparation rigoureuse avec des séances davantage scénarisées : chemin de fer, supports prêts à l’avance, slides (Julie).
  • Une posture d’animation plus attentive : l’animateur doit veiller à distribuer la parole, suivre la participation et maintenir l’attention.
  • Un recentrage sur l’essentiel : l’absence de contraintes logistiques (salle, matériel, organisation) permet de se concentrer pleinement sur le groupe. (Alain)

Certains soulignent même que le distanciel peut être rassurant pour l’animateur qui peut s’appuyer sur ses notes et structurer davantage son intervention.

 

« Une dynamique de groupe globalement équivalente, voire améliorée »

Contrairement à certaines idées reçues, les quatre témoignages convergent : la qualité des interactions est maintenue, voire améliorée en distanciel.

Plusieurs éléments ressortent :

  • Une meilleure répartition de la parole : le distanciel réduit la domination des profils extravertis et favorise l’expression des plus réservés. (Alain)
  • Une participation plus équilibrée : chacun est visible et présent, sans conversations parallèles. (Helène)
  • Une réflexion avant prise de parole : les échanges sont souvent plus posés et structurés. (Marie)
  • Une forte implication des participants : le caractère volontaire de la participation renforce l’engagement. (Alain)

La dynamique de groupe ne semble donc pas dégradée, mais simplement différente, avec des interactions plus régulées et souvent plus profondes.

 

« Une relation plus intime et authentique »

Un point marquant des interviews est l’émergence d’une forme d’intimité spécifique au distanciel : (Helène)

  • Accès direct au visage et à l’environnement personnel,
  • Moins de « mise en scène sociale »,
  • Relations plus rapides à construire.

Certains témoignages indiquent même que les participants se confient plus facilement, notamment dans les exercices de type « miroir ». Les émotions ne sont pas atténuées par l’écran, bien au contraire. (Julie)

Cette proximité paradoxale constitue un apport fort du distanciel dans l’accompagnement.

 

« Une logistique simplifiée et plus flexible »

L’un des avantages majeurs du distanciel est la suppression des contraintes logistiques soulignée par l’ensemble des interviewés :

  • Pas de déplacement,
  • Pas de réservation de salle,
  • Accessibilité depuis n’importe quel lieu.

Cela permet :

  • Une plus grande disponibilité des animateurs,
  • Une optimisation du temps,
  • Une participation élargie aux personnes éloignées, à l’étranger, ou avec des contraintes personnelles.

Le distanciel apparaît ainsi comme un levier d’inclusion, permettant à des profils qui n’auraient pas pu participer en présentiel de rejoindre les groupes. (Alain)

 

« Une pratique décidée volontairement par le participant et non subie »

La pratique de la visio dans un cadre professionnel est souvent subie et « descendante. La visio à l’AVARAP est tout l’inverse : elle est choisie, et engage l’ensemble des participants à être actifs. (Alain)

  • De fait, la fatigue est limitée voire inexistante si le rythme est bien structuré,
  • Elle peut apparaître en fin de journée, mais sans être spécifique au distanciel.

Les bonnes pratiques identifiées sont :

  • Des pauses régulières (10 à 15 minutes),
  • Une alternance des séquences,
  • Une phase d’Inclusion et de déclusion à chaque séance ou demi-journée.

Ces éléments permettent de maintenir l’attention et l’énergie du groupe sur la durée.

 

Ainsi, l’expérience du distanciel à l’AVARAP est très positive. Initialement imposé par le contexte sanitaire, le distanciel s’est révélé être :

  • Un outil efficace d’animation de groupe,
  • Un facteur d’inclusion et d’accessibilité,
  • Un facilitateur pour les animateurs.

Il ne dégrade ni la qualité des échanges ni la dynamique collective, et peut même renforcer certains aspects comme l’équilibre de la parole et la profondeur des interactions.

En définitive, le distanciel apparaît comme une modalité durable, complémentaire du présentiel, offrant un équilibre entre efficacité, flexibilité et qualité relationnelle.

Bruno Trancart

AVARAP