Avarap cadres réorientation pro reprise entreprise création | Procrastination ? Oui et alors ?

La procrastination est un comportement très répandu à des degrés divers cependant. Pour paraphraser Jean de la Fontaine : « Ils ne succombaient pas tous mais tous étaient atteints ». Selon une étude TaskRabbit de 2022, sur l’ensemble des Français, 74% procrastinent. Environ 20–25 % sont de vrais procrastinateurs chroniques. Chez les dirigeants français, l’unique source récente, l’enquête Hostinger/Flashs de mars 2024 (1 019 dirigeants et managers), révèle un taux élevé stable de 89 % procrastinant à divers degrés.

 

Parmi les causes évoquées, la peur de l’échec s’ajoute à d’autres causes communes comme le manque de motivation (41 %) ou la surcharge (40 %).

Remettre à plus tard une tâche contraignante est une tendance assez naturelle, le cerveau cherche spontanément à éviter ce qui est perçu comme désagréable ou anxiogène. Cette tendance devient préoccupante si elle se répète au point de bloquer des projets importants. Elle peut avoir des conséquences négatives : stress accru, perte de confiance en soi, baisse de performance.

 

Des avantages inattendus

Comprendre ses causes personnelles est la première étape pour mettre en place des stratégies adaptées (planification, gestion des distractions, travail sur l’estime de soi).

Dans certains cas la procrastination peut avoir des avantages inattendus. Dans une période de stress s’offrir une pause dans les tâches difficiles offre un soulagement temporaire qui permet de se ressourcer mentalement. Le report des décisions peut conduire à des choix plus réfléchis, car il donne le temps de rassembler des informations et de peser les options ; enfin le report de certaines tâches permet au cerveau d’imaginer des solutions créatives.

Certaines personnes célèbres (telles Victor Hugo, Marcel Proust, Margaret Atwood, Léonard de Vinci, Mozart…) étaient connues pour leur difficulté à passer à l’acte, cela ne les a pas empêchées d’accomplir de grandes choses.

« Les résolutions sont comme les anguilles ; on les prend aisément. Le diable est de les tenir. »   Alexandre Dumas

La procrastination a des causes multiples parmi lesquelles on peut citer :

– Une mauvaise gestion du temps

– Un manque de motivation ou d’intérêt

– La peur de l’échec

– L’anxiété

– Le fait de se sentir dépassé(e)

– La peur du jugement

– Une mauvaise estime de soi

– Le stress

– Le perfectionnisme

– Des objectifs pas ou peu définis

– Une mauvaise appréciation du temps nécessaire pour faire les choses, le manque de recul

– Une grande difficulté à faire la différence entre les taches importantes et les taches urgentes…

La procrastination est souvent associée à un sentiment de culpabilité et à un manque de confiance en soi.

« Ne rien faire, ça peut se dire. Ça ne peut pas se faire ! » Raymond Devos

 

Vaincre la procrastination grâce à L’effet Zeigarnik

Assise à la terrasse d’un restaurant, la psychologue Bluma Zeigarnik observe les serveurs en action. Elle constate que les garçons de café parviennent à mémoriser avec beaucoup d’aisance le détail de chaque commande. Cependant, dès qu’elles sont servies ou payées, les serveurs les oublient complètement.

L’explication à ce phénomène est que notre cerveau développe une tension spécifique dès qu’il commence une nouvelle tâche. Cette tension améliore nos capacités cognitives ce qui facilite l’exécution de l’action. Une fois la tâche finalisée, la tension se relâche. Toutefois, tant que le processus d’exécution n’est pas terminé, le cerveau reste actif. C’est pourquoi notre charge mentale reste plus élevée avec les tâches inachevées qu’avec les tâches effectuées.

Plusieurs facteurs influencent l’intensité de ce biais cognitif :

La motivation personnelle : l’effet se révèle plus prononcé chez les individus ambitieux qui libèrent rapidement leur mémoire des tâches accomplies pour se concentrer sur les suivantes Le moment d’interruption : plus une tâche est interrompue tardivement, plus l’effet s’intensifie.

La nature de la tâche : les activités complexes ou personnellement significatives génèrent une tension plus durable.

La méthode Pomodoro tire parti de ce principe en structurant le travail par courts intervalles avec des pauses stratégiques. Ces interruptions maintiennent la tension cognitive nécessaire tout en évitant l’épuisement mental.

Éviter les effets négatifs

  • Limiter le nombre de tâches ouvertes à quelques éléments prioritaires et adaptés à son niveau, sinon l’effet se transforme en dispersion et charge mentale excessive.
  • Finir régulièrement des tâches importantes (exercices clés, résumés de chapitre) pour libérer de la place mentale et éviter l’anxiété liée à trop d’inachevé.

La procrastination n’est pas toujours grave : occasionnelle, elle reste un défaut mineur. Mais lorsqu’elle devient chronique, elle se transforme en un véritable handicap.

Il peut être utile cependant d’identifier les raisons sous-jacentes pour trouver des modes d’amélioration.

Claude Génin

Avarap

Décembre 2025

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