Alexandra Legendre : « En me formant comme marraine, j’ai voulu partager le côté magique des groupes AVARAP »

En participant à un groupe AVARAP en 2019, Alexandra Legendre est frappée par son côté magique. Derrière la méthode rigoureuse et un rien austère, la magie opère en effet, transformant les participants de façon profonde et durable. Elle a voulu faire partager cette découverte et elle s’est formée comme marraine. Elle conduit actuellement son deuxième groupe.
Au mitan d’une carrière professionnelle riche et passionnante – elle est journaliste dans un grand magazine automobile où elle occupe le poste de rédacteur en chef adjointe – Alexandra ressent le besoin de faire le point et, pourquoi pas, de réorienter sa carrière. Elle a alors 48 ans, elle a derrière elle déjà un bilan de compétences et un Executive Master en management des médias et du numérique, tout juste décroché à Sciences Po. Elle connait son problème : elle « met en œuvre des savoir-faire et des compétences multiples et variés, mais pas vraiment identifiés comme tels »…
Elle rencontre une coreligionnaire de Sciences Po Paris qui lui parle de l’AVARAP. La voilà inscrite à une réunion d’information, à la suite de laquelle elle fait part de son souhait d’intégrer un groupe. Elle participe à la première réunion de son groupe en janvier 2019 sous la conduite d’une marraine, Béatrice de la Mairey. « À la fin de la première réunion, j’étais dubitative, confie-t-elle. Je trouvais la méthode très contraignante et j’avais peur que cela ne me convienne pas – j’étais inquiète du côté très directif et tyrannique de la gestion du temps. J’ai malgré tout décidé de rester et, par la suite, j’ai été subjuguée que, derrière cette méthode rigoureuse et corsetée, un côté magique se révèle. »
Prendre conscience de ses compétences et atouts
Alexandra a besoin qu’on l’aide à identifier et à préciser ses compétences et ses savoir-faire : « En tant que rédactrice en chef adjointe, j’avais acquis une certaine agilité à trouver des solutions très rapidement aux problèmes qui se posaient continuellement, à rebondir en permanence, à constituer des équipes et à m’adjoindre des bonnes personnes au bon moment. Mais tout ceci était flou dans mon esprit. La phase des Réalisations probantes (RP) m’a permis de préciser mes talents, mes compétences, mes goûts et mes envies. »
Parmi ses trois cibles, elle en retient une : créer une entreprise de consulting dans le secteur de l’automobile, du transport et de la mobilité, à partir de laquelle elle bâtit son projet professionnel. Elle est cooptée comme animatrice et lorsqu’elle quitte le groupe Bloomers lors de la sublimation, c’est avec la ferme intention de se consacrer à identifier la structure sociétale la mieux adaptée à son activité. L’avenir lui réservera pourtant des surprises !
150 000 vues sur LinkedIn
« Dans la foulée de mon départ de L’Automobile Magazine, sourit-elle, j’ai fait un post sur LinkedIn dans lequel j’annonçais ma nouvelle activité. Ce post était accompagné d’une photo où je posais devant une Ferrari stationnée au bord de la mer. Ce post est devenu viral et il a été vu par plus de 150 000 personnes. Déclenchant une foule de contacts. Chez de nombreux interlocuteurs, transparaissait une volonté très forte de travailler avec moi. »
Alexandra ne sait plus où donner de la tête. D’autant plus que, parallèlement, elle est approchée par un chasseur de têtes qui lui propose un job dans une association du secteur de l’automobile et par un constructeur automobile qui l’accueillerait volontiers dans sa cellule de communication.
« Complètement sûre de moi après mon parcours dans le groupe AVARAP, je me rends aux entretiens en pleine confiance et les deux se passent bien. Finalement, je choisis de rejoindre l’association militante, qui me confie son département études et communication. Et, début décembre 2019, j’intègre l’équipe de la Ligue de défense des conducteurs. »
Journaliste à la locale d’un quotidien dans les Vosges
Élevée à Remiremont, dans les Vosges, Alexandra a vécu une enfance entourée d’une mère et d’un père très attentifs à son éducation et à ses résultats scolaires. Après le lycée, ses facilités dans l’apprentissage de la langue de Shakespeare la conduisent – « par confort », dit-elle – à s’inscrire à un cursus d’anglais à l’université de Nancy. Après sa L3, elle passe une année de césure aux États-Unis en Virginie, près de Washington, où elle suit des cours d’allemand et de sciences politiques – « Une année formidable », se souvient-elle.
De retour dans sa région, elle saisit l’opportunité de travailler comme pigiste dans le quotidien local, La Liberté de l’Est. Elle comprend alors que l’enseignement de l’anglais, où la conduisaient pourtant ses études, ne sera pas pour elle ! Elle se prend au jeu de la presse locale et elle couvre bientôt les petits et les grands événements de sa région, acquérant un véritable savoir-faire dans le journalisme.
La planète comme terrain de jeu
Au bout de trois ans de ce régime – elle a alors 25 ans –, elle décide de rejoindre Paris où elle intègre un groupe de presse automobile dans lequel sa maîtrise parfaite de l’anglais est un atout. Elle parcourt la planète, écrit des articles et commence à acquérir une connaissance de ce secteur. Elle est alors approchée par le magazine leader du secteur (L’Automobile Magazine) qui cherche à intégrer un élément féminin dans son équipe. « J’ai alors compris, se souvient-elle, que, si je voulais être prise au sérieux, je devais approfondir ma culture automobile dans tous les domaines couverts par le magazine : produit, histoire, design, industrie, économie… J’ai vécu deux ans de travail très denses avant de pouvoir tenir ma place et être reconnue comme une spécialiste à l’égal des hommes. » Les années passant, elle se consacre à des reportages d’exception (traversée de l’Afrique en Citroën Traction, de la Russie en Renault Clio, etc.), court les salons internationaux, interviewe les grands dirigeants de l’industrie…
Changement de cap
Elle est nommée rédactrice en chef adjointe au bout de cinq ans. Pendant près de quinze ans, elle manage des équipes, conduit des projets, gère des stagiaires (« J’adore la transmission et la formation »). Cependant, lorsqu’elle complète sa formation à 45 ans à Sciences Po Paris, c’est pour envisager une première réorientation professionnelle.
Il est en effet question que soit créé un département communication dans son groupe de presse, qui lui serait confié… Mais les temps sont durs pour les médias et ce groupe se retrouve finalement démantelé. Plus question de changer de cap ! Elle subit à ce moment-là un très gros traumatisme personnel, qui la conduit à se remettre en question profondément et c’est ainsi qu’elle se rapproche de l’AVARAP.
Arrivée au sein de la Ligue de défense des conducteurs (LDC), elle remplit des missions variées. Cette association, qui compte 1 million de sympathisants, est gérée par une petite équipe de permanents dévouée à la protection des droits des automobilistes, des motards… De la sécurité routière à la transition écologique, de l’état des routes à la lutte contre les ralentisseurs illégaux, du palais Bourbon au Sénat, les projets ne manquent pas. Avec Alexandra, la communication de la structure se professionnalise. Identité visuelle, nouveau site internet, nouveaux champs d’intervention, son travail est certes celui d’une journaliste mais aussi d’une militante. D’ailleurs, parallèlement à la production de contenu, elle devient aussi porte-parole et s’adresse quasi quotidiennement aux médias pour faire connaitre le positionnement de l’association.
Se former comme marraine
Les horaires de son nouveau job étant moins extensibles qu’auparavant, Alexandra estime qu’elle a le temps de se former comme marraine. « Je voulais rendre ce que l’AVARAP m’avait apporté et montrer à quel point c’était top, raconte-t-elle. J’ambitionnais de transmettre ce fameux côté magique de la vie du groupe et de la méthodologie. »
Après cette formation effectuée en distanciel avec le tandem Alain Pasquereau et Philippe Cunha, elle prend un premier groupe (Les Chercheurs d’Or) en janvier 2024, en présentiel (« Une formule qui convient mieux à mon désir de contacts »). Elle conduit sereinement son groupe avec l’aide de son parrain référent Pierre Baudry.
Comme elle s’y était engagée, elle prend son deuxième groupe – « Les XIII accordés » – en septembre 2025, toujours en présentiel. Elle se sent très à l’aise mais elle reconnaît que l’investissement est de taille et qu’elle aura ensuite besoin d’une pause dans son engagement. Avant de revenir pour, pourquoi pas, remplir d’autres fonctions moins chronophages dans le cadre de notre association !
Ignace Manca
AVARAP