Mathilde Sauzeau : « L’AVARAP a été le catalyseur de ma remise en selle professionnelle »

Si Mathilde Sauzeau n’a pas accompli de révolution professionnelle à la fin de son parcours AVARAP, elle se réjouit et se félicite, en revanche, d’avoir trouvé au sein du groupe toute l’énergie de se relancer professionnellement et de faire évoluer son poste. Et surtout, avec l’aide du groupe, elle s’est remise en selle après un épuisement professionnel. Grâce à la bienveillance de chacun des membres, grâce à la rigueur de la méthode et grâce à la conduite efficace de sa marraine.
En 2022, Mathilde Sauzeau connaît un véritable trou d’air professionnel. Depuis une quinzaine d’années, elle enchaîne les postes dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Menant de front sa vie de famille et un travail épuisant émotionnellement, elle atteint un point de rupture et vit alors un épuisement professionnel. Après plusieurs mois de repos, le psychologue du travail qui la suit lui suggère de participer à un groupe AVARAP.
La force du groupe et la sécurité du temps long
« Je venais de faire un bilan de compétences, confie-t-elle, dont les résultats ne m’avaient pas permis d’ouvrir mes horizons. J’ai pensé que faire un travail régulier sur un temps long au sein d’un groupe qui permettait des échanges serait beaucoup plus intéressant et productif. Et que s’enrichir des expériences des autres pouvait ouvrir d’autres pistes. »
Elle remplit une candidature sur le site internet de l’association. Son entretien avec un des bénévoles de l’accueil lui donne envie de participer à une réunion d’information qui achève de la convaincre de se lancer dans une aventure qui va la mobiliser pendant sept mois. Elle s’inscrit à un groupe qui se réunit dans les locaux de l’AVARAP, situés alors rue de Vouillé : un long temps de transport car elle habite à Thiais.
« Lors de la première séance, je n’étais pas à l’aise, se souvient-elle. D’abord parce que j’avais peur que le terme de cadre ne s’adapte pas forcément à ma situation professionnelle – même si j’avais compris que le concept de cadre avait un sens particulier à l’AVARAP – et que c’était compliqué pour moi de me trouver confrontée à une douzaine de personnes inconnues. Quand les participants se sont présentés lors de la première séance – avec pour certains des profils de dirigeants et de managers –, je me suis demandée ce que j’allais pouvoir leur apporter d’intéressant. Heureusement, notre marraine Alexandra nous a tout de suite mis à l’aise. »
Dès cette première séance, Mathilde aime le cadre qui est posé. Elle se rend compte qu’elle n’est pas la seule à avoir rencontré des difficultés dans son travail et elle se sent très vite à sa place. Etant en arrêt de travail, elle est confiante dans sa capacité à fournir la quantité de travail demandée. J’aime être dans un cadre propice à la réflexion. Cette stimulation me nourrit intellectuellement », affirme t-elle.
Les réalisations probantes comme valorisation, les goûts comme introspection
« J’ai trouvé l’exercice des RP très intéressant, continue t-elle. J’ai vu que le secteur médico-social dans lequel j’évoluais professionnellement était mal connu des membres du groupe. Ils trouvaient intéressant de le découvrir et je me suis sentie valorisée. Par contraste, j’ai trouvé que travailler sur ses goûts nécessitait plus de réflexion et d’analyse. »
La réalisation du miroir (« J’ai eu du mal à le faire ») a été un peu plus difficile pour Mathilde qui s’en est sortie en utilisant le levier de l’humour pour se livrer devant des gens qu’elle ne connaissait pas il y a encore quelques semaines. Sans surprise, la Récolte lui ouvre des pistes dans le médico-social. Et son projet professionnel porte sur une fonction de formatrice.
« A la fin du parcours, se réjouit-elle, j’ai trouvé l’énergie et la confiance en moi pour faire ce que je voulais depuis longtemps : m’inscrire à un master d’ingénierie de la formation. »
Aujourd’hui, Mathilde est revenue dans le secteur social où elle est cheffe de projet d’animation territoriale. Elle retient beaucoup d’aspects positifs de son parcours à l’AVARAP : elle a vécu une belle aventure, rencontré des gens d’univers différents qui lui ont permis d’appréhender des milieux professionnels variés, été valorisée par les retours des autres, a retrouvé confiance en ses compétences et ses capacités et elle a pris beaucoup de plaisir à accompagner les autres participants.
Une vendéenne à Paris
Originaire de Vendée où elle est née il y a 39 ans, aînée des deux filles que compte la famille, Mathilde passe son enfance et son adolescence à La-Roche-sur-Yon. Sa scolarité est heureuse et c’est sans problèmes qu’elle décroche un bac littéraire qui lui ouvre les portes de l’université de Nantes (« J’ai adoré ces années de fac »). D’où son appétit de lecture – (« J’ai des goûts très éclectiques ») – qu’elle cultive encore aujourd’hui dans ses moments de libre quand ses pas ne l’emmènent pas dans de belles balades en forêt ou qu’elle ne pratique pas une activité sportive.
Comme elle aime les langues, elle s’inscrit en licence d’italien et elle décide après trois ans d’études de rejoindre l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) de Rennes pour préparer le CAPES d’italien. « C’était très dur, se souvient-elle. Une véritable préparation à un concours où l’aspect pédagogique était curieusement absent. Sans surprise, je n’ai pas été reçue au concours. »
En 2005, une loi est adoptée pour favoriser l’intégration des enfants en situation de handicap à l’école. Mathilde travaille pendant deux ans à Nantes où elle accompagne des lycéens dans leur parcours scolaire et leur parcours de vie. Ce qui lui donne envie de suivre à La-Roche-sur-Yon une formation d’éducatrice spécialisée qui va durer trois ans (« Je m’éclate dans les études, je pourrai passer ma vie à me former… »).
Elle enchaîne ensuite les postes dans le secteur médico-social. Elle assume avoir eu « la bougeotte » et change en moyenne tous les trois ans de fonction (« Je suis dynamisée par le changement et j’ai besoin d’être stimulée intellectuellement »). Elle accompagne des adultes en situation de handicap moteurs ou psychiques, travaille en foyers d’hébergement comme en centre d’hébergement d’urgence. Jusqu’à se retrouver en épuisement professionnel et se voir contrainte de s’arrêter pour se reconstruire. Un processus où le parcours AVARAP a occupé une place très importante.